13 février 2026

Budget communal sur le mandat : des marges financières… sans projet structurant

Au fil du mandat, les budgets votés par la majorité montrent une constance : des excédents réguliers, une forte prudence en dépenses de fonctionnement et une accumulation de réserves financières.
À première vue, cette stratégie peut sembler vertueuse : la commune dégage de l’épargne et se constitue une marge. Mais la gestion financière ne se juge pas seulement à l’aune de l’épargne ; elle doit être orientée vers des projets structurants et des priorités claires pour les habitants.

Sur plusieurs exercices, les dépenses de fonctionnement ont été budgétées bien au-dessus du réalisé (écarts de plus de 10 %), produisant de larges marges. Cette sur-évaluation excessive a deux effets conjoints :

  • immobilisation de crédits qui ne sont jamais consommés,
  • réduction de l’autofinancement disponible pour l’investissement.

Au final, des excédents importants sont capitalisés plutôt qu’investis dans des projets durables.

Résultat :

  • des dizaines, parfois des centaines de milliers d’euros ne sont pas utilisés,
  • les excédents sont capitalisés en réserve,
  • les investissements restent limités.

Lorsque cette situation se répète année après année, cela signifie une chose simple :

La commune prélève plus qu’elle n’utilise.

Constituer une petite réserve de sécurité est responsable.
Accumuler durablement plusieurs centaines de milliers d’euros sans programmation claire pose question.

Si cet argent n’est pas intégré dans un Plan Pluriannuel d’Investissement (PPI),
alors il s’agit d’une sur-collecte fiscale.

Où est la vision à moyen terme ?

Un budget n’est pas seulement un document comptable.
C’est un outil politique.

Or sur ce mandat :

  • pas de programmation d’investissements structurants sur 5 ou 6 ans,
  • peu d’investissements permettant de réduire durablement les charges (énergie, rénovation globale),
  • principalement du renouvellement ou du curatif.

On entretient.
On remplace.
Mais on ne transforme pas.

Pendant ce temps, les réserves augmentent.

Une gestion sans outil d’analyse des coûts

Aujourd’hui, la commune ne dispose pas d’une comptabilité analytique permettant de savoir clairement :

  • combien coûte réellement chaque service,
  • combien rapporte chaque équipement,
  • quel est le coût net par politique publique.

Sans ces éléments, le débat budgétaire reste technique.
Il devrait être stratégique.

Pour une gestion plus ambitieuse et utile

Plutôt que de se contenter d’excédents systématiques, la politique budgétaire communale doit devenir proactive et lisible. Cela implique :

  • un plan pluriannuel d’investissement cohérent avec des priorités politiques claires ;
  • une comptabilité analytique simplifiée pour mesurer l’efficacité des politiques publiques ;
  • une stratégie d’économies structurelles (énergie, achats, contrats) plutôt que des marges non utilisées ;
  • un soutien plus affirmé à la vie associative et aux services à la population.

La commune a les moyens financiers d’agir. Il est temps de transformer ces moyens en résultats concrets pour les habitants.