Le constat
Saint-Sulpice est une commune où 90% des actifs travaillent à l’extérieur, principalement en voiture faute d’alternative crédible. Cette dépendance automobile pèse sur le budget des familles et isole ceux qui ne peuvent pas conduire : jeunes, personnes âgées, ménages mono-véhicule.
Notre commune est traversée par une route départementale qui crée une véritable coupure entre les deux parties du village. Aux heures de pointe, la circulation s’intensifie, notamment aux deux carrefours équipés de feux tricolores. Les abords de l’école concentrent les inquiétudes des parents : stationnements anarchiques, vitesse excessive, absence de cheminements protégés.
Malgré notre proximité avec Blois, la desserte en transports en commun reste largement insuffisante. Le service Résago (transport à la demande) propose des créneaux fixes : arrivée à 9h00, 10h30, 14h00 et 15h30, avec des retours à 11h30, 16h00 et 18h00.
Concrètement, pour un rendez-vous médical à 9h qui se termine vers 10h, un habitant peut rentrer à 11h30 via Résago — soit environ 2h30 à 3h de mobilisation. Mais pour un rendez-vous à 11h qui se termine vers midi, le retour n’est possible qu’à partir de 16h00, soit une demi-journée perdue. À titre de comparaison, un habitant du quartier de la Pinçonnière à Blois, pourtant seulement à quelques kilomètres, dispose d’un réseau de bus urbain cadencé qui lui permet de rentrer sans attente.
Cette inégalité territoriale est inacceptable pour une commune de l’agglomération. Elle pénalise l’accès aux soins, à l’emploi, aux loisirs, et contraint les familles à multiplier les véhicules.
Enfin, l’état de la voirie est préoccupant : trottoirs absents ou dégradés, liaisons piétonnes inexistantes entre quartiers, absence de continuité des cheminements. Le village manque de cohérence dans ses aménagements, fruit de décennies sans vision d’ensemble.
Notre analyse
La sécurité des déplacements n’est pas qu’une question technique : c’est un enjeu de santé publique, d’autonomie des personnes, et de qualité de vie. Un enfant qui ne peut pas aller à l’école à pied en sécurité, une personne âgée qui ne peut plus se rendre au commerce, un jeune sans permis isolé : ce sont des échecs collectifs.
Les transports en commun sont une compétence d’Agglopolys, pas de la commune. Mais cela ne nous dispense pas d’agir. Nous devons porter la voix des habitants auprès de l’agglomération, documenter les besoins, proposer des solutions concrètes : amplitudes horaires élargies, meilleure coordination bus/Résago, développement de l’autopartage pour les situations non couvertes.
Les solutions pour la voirie et les mobilités douces existent, mais elles nécessitent une méthode : diagnostic partagé avec les habitants, priorisation des points noirs, investissements étalés dans le temps, et surtout, dialogue constant avec le Département (pour la route départementale) et Agglopolys (pour les transports).
Nous refusons de promettre des aménagements sans avoir mené ce travail préalable. En revanche, nous nous engageons sur la méthode et sur les priorités : sécurité des enfants d’abord, puis amélioration progressive des mobilités pour tous.